Samedi 6 février 2010
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Coco Chanel était non seulement une grande dame dans la mode, mais grâce à sa renommée, à pu s’imposer dans l’émancipation des
femmes. Pour
celles-ci, les changements de modes vont traduire les améliorations dans leur vie. Elles commencent à conduire, faire du sport, danser et sortir le soir, vont voir des spectacles fréquemment et
bien sûr travaillent. Finis les corsets, oubliées les multiples couches de tissus lourds, la silhouette de la femme moderne est simplifié, libre et sobre. Le côté masculin de cette nouvelle mode
est dans les lignes droites, les volants et les rubans en moins, la taille sur les hanches et les poitrines aplaties. La distinction entre les différents âges disparaît. Que ce soit
en simple robe droite ou en pantalon, le noir est porté quelle que soit l’heure de la journée ou l’occasion, et le chapeau “ cloche ”, si bas sur les yeux, empêche presque que l’on puisse
identifier celle qui le porte. Lors des soirées, elle cache ses cheveux sous des rubans, à part un accroche-cœur, laisse apparentes ses oreilles ornées de longues boucles, porte de grands colliers
de perles vraies ou fausses, brille. Malgré les interdictions des mères de familles encore très sévères ou de certains maris, la femme se maquille de plus en plus, fume, avec parfois un long
fume-cigarette, boit diverses liqueurs ou cocktails, mais surtout, ce qui choque énormément à l’époque c’est qu’elle sort seule ou avec des hommes dans des cafés et des boîtes de nuit. Dès 1915,
l'étoffe manquant, elle taille des robes de sport dans le jersey des sweaters de lads, ces tricots de corps pour les soldats, qu'elle a depuis longtemps adoptés. Libérant le corps, abandonnant la
taille, Chanel annonce cette « silhouette neuve » qui lui vaudra sa réputation. Pour s'y conformer, les femmes s'efforcent d'être « maigres comme Coco », qui, d'un coup de ciseaux libérateur,
devient une des premières femmes aux cheveux courts à créer des vêtements simples et pratiques, dont l’esthétique s’inspire d'une vie dynamique et sportive qui aime jouer avec les codes
féminins/masculins.
En 1916, elle utilise la belle et élégante Adrienne comme mannequin à Deauville, qui est alors un lieu de villégiature à la mode. Elle y promène aussi sa propre silhouette androgyne, en testant ses
nouvelles tenues contrastant avec leur extrême simplicité et leur confort sous les yeux d'aristocrates européennes encore très couvertes d'apparat et maintenues dans des corsets
rigides.
Par Chasnel
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